Directeur du théâtre  : Frédéric Boulard

Ce site est équipé d'un défibrillateur

 

 

Depuis son inauguration en 1785, le théâtre de Douai a connu une intense activité artistique, avec, pour toile de fond, les grands événements de l’histoire de France.

1783-1815 : la naissance


Avant la création du théâtre en 1783, les comédiens de passage à Douai jouaient dans un jeu de paume. Mais, quand les anciens remparts ont peu à peu été démantelés et revendus du fait de l’agrandissement de la ville, un entrepreneur privé, Maurice Denis, a racheté deux bâtiments (anciennement une abbaye et un séminaire), pour en faire une « salle de spectacles », selon la terminologie de l’époque.

Les échevins de la ville donnèrent leur accord pour la construction du théâtre le 14 juillet 1783 et le premier spectacle eut lieu dix-huit mois plus tard, le 4 décembre 1785. Mais ensuite le destin du théâtre épousa les grands événements de l’histoire.

En 1805, Napoléon, qui avait séjourné à Douai, en fit un théâtre impérial, qui est devenu, depuis la chute de l’Empire, en 1815, municipal. 56 directeurs se sont succédé jusqu’à aujourd’hui.
 

 

1815-1914 : l’âge d’or


La vie du théâtre, au XIXe siècle, fut certes marquée par des évolutions techniques et esthétiques – éclairage au gaz dès le milieu du XIXe siècle puis électricité (l’un des premiers bâtiments publics à en être équipés au début du XXe siècle), fermeture du hall d’entrée, décorations en faux marbre –, mais elle était également riche d’une activité artistique très intense. Le théâtre possédait en effet une troupe importante : 45 musiciens, deux chefs d’orchestre, plus de 60 comédiens et chanteurs, sans compter l’administration. Tous les mois de septembre, un concours permettait de recruter comédiens, chanteurs et musiciens pour la saison, qui durait jusqu’à la fin du mois de juillet. Les spectacles avaient lieu le dimanche et le mercredi, et commençaient à 14h30 par une comédie, puis suivaient une tragédie et, en début de soirée, un ouvrage lyrique. Et tout cela avec les mêmes comédiens, d’où l’importance du souffleur, puisque les pièces étaient différentes de semaine en semaine ! La vie culturelle fut glorieuse : c’est dans ce théâtre qu’ont été entendues pour la première fois en France les symphonies de Beethoven ; Franz Listz ou Niccolo Paganini y sont venus jouer.

Représentation du 10 janvier 1900

 

Les guerres mondiales 1914-1918 et 1939-1945

Pendant la première guerre, et sous l'occupation allemande, le théâtre est devenu théâtre aux armées, où, étrangement, l’occupant laissait se produire des spectacles au profit des prisonniers de guerre. De même, pendant la seconde guerre mondiale, des troupes de théâtre amateur y jouaient pour les prisonniers. Entre les deux guerres, le théâtre fut l’un des premiers à accueillir les tournées Charles Baret, de 1928 jusqu’à 1993.

1998-2000 : le théâtre et ses décors classés monuments historiques
Ce sont d’abord les décors qui ont été classés en 1998 : ils ont été réalisés par le grand décorateur Pierre-Luc-Charles Cicéri, en 1819 et 1831, et forment, avec leurs 93 pièces, la seule collection de décors en France.
En 2000, le théâtre lui-même a enfin été classé.

2006-2007, la rénovation du théâtre, uneFaçade du théâtre volonté de restaurer son patrimoine
Le théâtre municipal ne répondait plus aux normes de sécurité. Le principal objectif des travaux fut donc de le réhabiliter tout en gardant les principales installations existantes (machinerie bois...) et en restituant les décors d'origine : en un mot, conserver intact l'esprit de ce théâtre à l'italienne vieux de 220 ans. Ce fut également l'occasion de rénover la charpente et la couverture vieillissantes, le mur d'enceinte et de ravaler l'ensemble des façades. La sécurité incendie a été mise aux normes par la création de nouvelles issues de secours et la mise en place d'escaliers extérieurs d'évacuation. L'intégralité des installations électriques a été revue et l'ancien logement du concierge transformé en bureaux. Le hall d'accueil, les sanitaires publics, les coursives et le foyer furent remis en état, les fauteuils, le parquet, la fosse d'orchestre rénovés. Les toiles peintes, de même que les anciennes lustreries, ont été restaurées, des peintures en trompe-l'oeil "faux-marbre" réalisées.
Ces travaux ont été effectués dans le cadre de la politique volontariste de la ville de Douai de restaurer et de mettre en valeur son patrimoine culturel et historique.



Après environ 20 mois de travaux, le théâtre municipal a rouvert ses portes le vendredi 14 décembre 2007, offrant un spectacle d’inauguration écrit et mis en scène par Marcel Maréchal et François Bourgeat, Un rêve de théâtre, suivi d'une pièce beaucoup plus courte, L'Impromptu de Douai.

Cette pièce fut également l’occasion, d'une part, d’une initiation de toute la population, et, d'autre part, d'une démarche pédagogique en direction des écoles de Douai qui ont été invitées à venir assister à une représentation : les élèves découvraient ainsi non seulement un bâtiment, mais aussi l’univers du théâtre, à travers une pièce reprenant quelques grands classiques.


Le théâtre a retrouvé sa place autant sur le plan culturel que dans le patrimoine architectural douaisien. Au cœur de la ville, il est intégré aux circuits touristiques de l’Office de tourisme et inscrit dans le programme des Journées du Patrimoine.

 

2008, Les rubans du Patrimoine
Lancé en 1994 sous le nom de « Villes et Villages gagnants », le concours Les rubans du Patrimoine distingue et récompense, par des prix nationaux et départementaux, des communes ayant entrepris des opérations de rénovation ou de mise en valeur de leur patrimoine bâti. En 2008, la ville a été lauréate du concours suite à la rénovation de son théâtre municipal.