150 ans des cahiers de Douai d'Arthur Rimbaud

Daniel Vandenhoecq, président des Amis de Douai, a suivi le parcours du jeune Arthur Rimbaud qui est non seulement passé à Douai mais y a laissé des traces…

Arthur Rimbaud est partout. À la radio (France Inter lui a dédié une série estivale), à la une des magazines et dans l’actualité puisqu’une pétition circule pour faire entrer au Panthéon le jeune auteur qui a ouvert la voie à la poésie moderne. Arthur Rimbaud a également séjourné à deux reprises dans la Cité de Gayant. Vingt-deux de ses poèmes connus sous le nom des "Cahiers de Douai", dont on fête le 150e anniversaire qui sera ponctué par différents événements au cours des prochains mois. Grand spécialiste de la question, Daniel Vandenhoeq, ancien professeur de lettres est "tombé en Rimbaldie". "Je me suis passionné pour le poète, j’ai fait des recherches et compris les ramifications qui le lient à Douai". À l’âge de 15 ans, il découvre la rhétorique avec son jeune professeur, Georges Izambard. Orphelin de mère depuis l’âge de 6 mois, Georges Izambard, recueilli par la famille Gindre (résidant au n°29 rue de l’Abbaye-des Prés, à Douai), est muté dans la ville natale d’Arthur Rimbaud : Charleville. "L’Ardennais est hébergé dans cette maison en septembre et octobre 1870. Il a fui Charleville-Mézières et sa mère pour aller à Paris mais n’a pas assez d'argent pour payer l'intégralité de son billet. Il prend quand même le train mais il est contrôlé, arrêté et emprisonné à son arrivée dans la capitale (NDLR : Nous sommes alors fin août 1870, l’Empire français a déclaré la guerre au royaume de Prusse depuis un mois). Il fait alors appel à son professeur et ami Georges Izambard, en vacances à Douai et retenu là-bas à cause de la guerre. Celui-ci lui envoie l'argent nécessaire à sa libération et l'héberge ensuite à Douai, durant les premières semaines de septembre. Renvoyé chez sa mère, Rimbaud fait une deuxième fugue en octobre et revient à Douai. Lors de ces courts séjours, il écrit des poèmes ainsi que quelques articles pour Le Libéral du Nord", détaille Daniel Vandenhoecq.

Une plaque apposée sur la maison du n°171, rue Jean-de-Bologne, nous rappelle que Rimbaud a croisé à Douai la route d'un autre poète, Paul Demenÿ, un ami d'Izambard : "En 1870, Arthur Rimbaud confia ici à Paul Demenÿ vingt-deux poèmes écrits avant et pendant son séjour douaisien". Demenÿ ne fait rien de ces vingt-deux poèmes, alors qu'il aurait pu les éditer car c'est bien dans cette intention que Rimbaud les lui avait confiés. En 1871, quand ce dernier lui demande dans une lettre de brûler tous ces vers, Demenÿ ne le fait pas non plus. Il les vend vers 1887. "Les cahiers de Douai" ne seront jamais publiés sous ce nom. Ces poésies figureront dans la première compilation des oeuvres de Rimbaud "Le Reliquaire", préparée par Paul Verlaine en 1891. Parmi eux, Le Dormeur du Val et Ma bohème.

Le 150e anniversaire des Cahiers de Douai sera ponctué par différents événements* au cours des prochains mois. En octobre, trois conférences (gratuites) sont proposées par l’Université d’Anchin aux salles d’Anchin :
> Lundi 5 octobre à 15h "Les séjours de Rimbaud à Douai" animée par Daniel Vandenhoecq, président des Amis de Douai ;
> Jeudi 8 octobre à 15h "Le Parnasse en musique" animée par Julien Viaud ;
> Mardi 13 octobre à 15h "Douai et Rimbaud pendant la guerre de 1870 et la Commune" animée par Jean-Marc Guislin.

Ouvert à tous dans la limite des places disponibles. Sous réserve des conditions sanitaires en vigueur.